Chez BE PROCESS, nous ne présentons pas le réemploi comme une contrainte écologique de plus, mais comme un vecteur d’originalité architecturale et identitaire : une matière qui a une histoire donne au lieu une signature qu’aucun catalogue ne fournit. Encore faut-il savoir ce qui marche vraiment en agencement — et ce qui relève du vœu pieux.
Le réemploi est partout dans les discours. Sur un chantier, c’est plus nuancé : certaines choses marchent très bien, d’autres coûtent plus cher qu’elles ne rapportent à la planète. Voici ce que nous en retenons, à partir de l’espace réunion et détente réalisé pour CDC Habitat avec l’agence Obier.
Ce qui marche
- Le bois local. Du bois des forêts des Landes plutôt qu’un panneau importé : même prix, meilleure traçabilité, et une matière qui a une histoire à raconter dans le lieu.
- Le mobilier reconditionné. Un meuble existant qu’on reprend, qu’on repeint et qu’on réintègre coûte moins qu’un neuf et donne du caractère. Le meuble rouge du projet CDC en est l’exemple.
- Les systèmes modulaires. Pegboards, grilles murales, rails : des éléments qu’on peut démonter et remonter ailleurs le jour où l’espace change. C’est du réemploi anticipé.
Ce qui marche moins
- Les matériaux de récupération sans filière. Chercher, trier, nettoyer et adapter des chutes coûte des heures. Sans gisement identifié, le bilan est mauvais.
- Le réemploi imposé après coup. Décidé au moment du devis plutôt qu’à la conception, il oblige à redessiner. Il faut le vouloir dès le premier plan.
Notre conviction
Réutiliser quand le projet s’y prête, sans dogme. Dessiner des pièces démontables. Choisir des matières locales quand elles existent. C’est moins spectaculaire qu’un slogan, mais c’est ce qui tient sur un chantier.
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